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Projet de Loi n° 1087 / identification biométrique à distance

Rapport de synthèse projet de Loi n° 1087 relative à l’utilisation de la vidéoprotection et de la vidéosurveillance des lieux accessibles au public pour la détection, la recherche et l’identification des personnes recherchées ou signalées au moyen de système d’identification biométrique à distance.

 

Aucun usage de la reconnaissance faciale n’est totalement neutre eu égard aux libertés publiques. Cette assertion trouve sa pleine expression lorsqu’il s’agit d’utiliser l’identification biométrique à distance en temps réel dans l’espace public. La mise en œuvre d’une identification biométrique en temps réel doit donc être l’aboutissement d’une réflexion poussée entre ses bénéfices attendus et les risques qu’elle comporte relativement aux droits et libertés fondamentaux. Aussi, l’APDP estime que le texte doit s’inscrire dans un contexte légal maitrisé. Or, en Principauté :

Concernant le dispositif même, le projet de Loi ne permet pas d’appréhender des cas d’usage en temps réel ou a posteriori, les modalités d’utilisation de la technologie en fonction des listes d’alertes concernées. Ce texte ressemble à un « texte chapeau » inadapté et lacunaire destiné uniquement à doter l’identification biométrique à distance d’une base légale, alors qu’il est censé encadrer de manière claire et non sujette à interprétation la mise en œuvre effective d’un tel système. D’autant plus si à Monaco, à l’inverse des pays européens réfléchissant à introduire ce type de technologie dans leurs droits internes, son déploiement n’est pas déclenché au besoin en cas de nécessité absolue dans un périmètre géographique restreint, mais est utilisé de manière continue sur l’ensemble du territoire, permettant un contrôle permanent de la vie des personnes identifiées quand elles évoluent dans la sphère publique. En outre, les modalités de contrôle du dispositif sont insuffisantes, et les sanctions encourues en cas d’utilisation prohibée peu importantes ou absentes. En effet, le projet de Loi n° 1087 :

Conclusion : la biométrie déployée et ses usages ne sont pas définis ni encadrés, la qualité des personnes portées sur les listes est incertaine, les listes concernent 80% des infractions monégasques, les risques intrinsèques au dispositif ne sont pas étudiés et aucune garantie de nécessité, de limitation dans le temps ou dans l’espace n’existe. Le texte offre une base légale à l’identification biométrique à distance qui pourrait permettre son utilisation de manière extensive à l’encontre d’un nombre important d’individus, sans ou avec peu de contrôle, uniquement a posteriori et d’une efficacité, dans ce contexte, illusoire. Il s’agit pour l’APDP d’un texte lacunaire et inadapté aux enjeux que cette technologie représente, et elle estime nécessaire qu’une réelle réflexion soit menée en amont afin d’introduire et encadrer, par une ou plusieurs Loi (y compris d’expérimentation) une utilisation de la reconnaissance faciale la plus respectueuse possible des droits et libertés fondamentaux des personnes concernées.

Délibération APDP n° 2025-022 du 10 décembre 2025 portant avis sur la consultation du Président du Conseil National relative au projet de Loi relative à l’utilisation de la vidéoprotection et de la vidéosurveillance des lieux accessibles au public pour la détection, la recherche et l’identification des personnes recherchées ou signalées au moyen de système d’identification biométrique à distance.

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